Episode 2 – “20 minutes avec” le Directeur Export Champagnes & Châteaux Export: Nicolas CHEMINEAU

par Valentin Jestin, Avril 2020

Pourquoi as-tu choisi cette industrie ?

Personnellement je n’ai jamais baigné dans cette industrie avant de rentrer dans la vie active. Mes parents travaillaient respectivement dans la médecine et dans l’immobilier. Les 2 m’ont dissuadé de suivre leur trace…

Au cours d’un stage en entreprise au Royaume Uni, durant mon cursus d’école de commerce, j’ai eu la chance de participer à un repas prestigieux dans un restaurant gastronomique anglais. Etant donné que je venais de Bordeaux, l’organisateur de l’évènement m’a confié la responsabilité de choisir les vins…mais honte à moi car je ne connaissais rien en la matière…je compris alors la notoriété et l’image des vins de Bordeaux à l’étranger.

De retour à Bordeaux, j’ai suivi une première formation au CIVB, puis une seconde…une passion venait de naître…et j’ai alors décidé de consacrer ma carrière dans cette industrie porteuse.

 

Qu’aimes-tu particulièrement dans le métier de commercial ?

Un commercial est quelqu’un qui a des « grandes oreilles ». Il écoute son client, et lui apporte les solutions pour l’aider à atteindre ses objectifs. Y parvenir est particulièrement épanouissant.

 

Quelles ont été tes différentes responsabilités au sein de DOURTHE ?

Je suis rentré chez DOURTHE en 1994 (le jour de mon anniversaire !). J’ai commencé en tant qu’attaché commercial CHR sur Paris (sans expérience). Je vendais alors les vins Dourthe dans la belle restauration et bistrots parisiens. Puis en 1998 j’ai été nommé Directeur Régional Nord, j’étais alors an charge de la moitié Nord du Pays (de Brest à Strasbourg – et de Cognac à Lille) pour animer un réseau de 35 commerciaux pour vendre et promouvoir les vins Dourthe dans les restaurants et chez les cavistes.

J’ai rejoint l’export en 2002 pour devenir commercial export, couvrant une large zone qui s’étend de l’Europe du Nord à l’Afrique, en passant par la Russie et le Moyen Orient. Dans un deuxième temps j’ai aussi été responsable de l’Amérique latine. Et enfin je suis devenu Directeur de zone Export en 2008.

Mon secteur a été étendu en 2018 avec la zone Asie / Océanie.

 

Comment appréhendes-tu les différences culturelles dans ton métier ?

C’est justement ce qui fait tout l’intérêt de mon métier !

Ce sont les mêmes vins Dourthe que je vends à des clients aussi différents que des Scandinaves, des Russes, des clients d’Europe de l’Est, des Africains, des Chinois, Japonais…

Tout l’enjeu est de comprendre la culture du pays visité, de s’en inspirer pour inscrire les vins Dourthe dans leur culture, dans leur gastronomie et leur mode de consommation.

 

Peux-tu partager avec nous ce qui te vient en tête quand tu penses à DOURTHE ?

Qualité / fiabilité / consistance / rapport qualité-prix unique et rassurant dans un univers peu connu par les consommateurs.

 

Quelles sont les valeurs de DOURTHE que tu partages ? 

Le travail / la persévérance / l’honnêteté

 

As-tu une anecdote intéressante à nous raconter dans tes nombreuses expériences de terrain ?

Les anecdotes sont nombreuses…et souvent liées à des “wine dinners” qui peuvent réserver quelques surprises…comme ce poisson Norvégien fermenté quelques mois sous terre qui était si puissant que seul un alcool fort pouvait l’accompagner…ou bien ce crocodile sauce thermites servi à Douala au Cameroun…ou encore ce lait fermenté de chamelle au Kazakhstan…sans évoquer ce met Réunionnais si rare de larves de guêpes réservé aux convives initiés…

Un jour un Burkinabé m’a demandé devant une large assistance quelles étaient les vertus aphrodisiaques du vin…

 

Quelles sont les trois valeurs que tu considères essentielles pour réussir dans cette industrie ?

La Passion / l’écoute / la persévérance …si je pouvais en rajouter 2 je dirais la créativité et l’enthousiasme.

 

Comment définirais-tu le monde viti-vinicole en 3 mots, en une phrase?

Sublimer le Terroir qu’on reçoit en héritage.

Le nouveau monde a ceci de différent de l’ancien monde, qu’il produit les vins pour lesquels les économistes ont identifié une opportunité de marché. A l’inverse, l’ancien monde met tout ce qu’il peut en œuvre pour produire le meilleur à partir du Terroir qui est le sien, puis se pose ensuite la question d’aller le promouvoir et le vendre auprès de clients amateurs de ce style de vins.

 

Quels ont été pour toi les changements profonds de notre industrie sur ces dernières années? Par exemple au niveau de la qualité des vins ? Au niveau de la consommation ?

Nous avons vu apparaître des vins plus ronds, plus prêts à boire jeunes, des vins plus fruités, adaptés aux nouvelle tendances gastronomiques.

Je ne partage pas l’idée largement répandue qui évoque une certaine globalisation du goût et du style des vins. Je trouve au contraire que Bordeaux continue de présenter des vins singulièrement différents les uns des autres, à adapter selon les recettes et les contextes.

Une vraie tendance de fond dans le vignoble bordelais est la prise de conscience de la nécessité du respect de l’environnement et des hommes. Plus des 2/3 du vignoble bordelais a engagé une démarche environnementale. C’est une vraie prise de conscience collective, dans laquelle DOURTHE s’inscrit pleinement.

En terme de consommation, la tendance est de consommer des vins plus fins, moins lourds, équilibrés.

 

Pour finir, quelle est ta plus belle émotion de dégustation ?

Comme son nom l’indique, l’émotion n’est pas liée à des éléments rationnels et mesurables. Je garde des souvenirs émus d’accords mets et vins magiques lors de dîners partagés avec des clients amis dans l’atmosphère charmante des salons cosy de Château Belgrave, Cru Classé Haut-Médoc. Lorsqu’ils atteignent 10 ou 15 ans de maturité, les vins de ce cru apportent une complexité extraordinaire.