La météo clémente des premières semaines d’avril a permis de terminer les nouvelles plantations sur les propriétés Dourthe.

Retour en image sur cette étape cruciale de la vie de nos domaines, avec l’exemple du Château la Garde, Pessac-Léognan.

Planter ou replanter une vigne : un raisonnement sur le long terme

Sur les propriétés Dourthe, la vigne est une histoire de patience et d’exigence. Les programmes de plantation sont raisonnés à long terme : il faut compter quatre à six ans entre l’arrachage d’une ancienne parcelle et l’entrée en production de la nouvelle.

Chaque propriété élabore son projet, par périodes de cinq ans, afin d’équilibrer la restructuration de parcelles anciennes, l’âge moyen du vignoble, l’adéquation terroir-cépage, dans le but d’améliorer sans cesse la qualité.

 

Une préparation des sols minutieuse

Une fois prise la décision de restructurer une parcelle ancienne, le travail démarre, généralement à la fin de l’automne. Les vieux ceps sont arrachés, le sol nettoyé soigneusement des racines les plus importantes. Un quadrillage de fosses pédologiques est réalisé systématiquement afin d’évaluer les caractéristiques de la parcelle à replanter : type de sol et sous-sol, état général, niveau d’aptitude viticole.

 

A chaque sol son cépage

Cette analyse très technique des sols contribue au choix du cépage le mieux adapté à la zone à replanter, et du couple porte-greffe/cépage. Le quadrillage précis permet même d’affiner ce choix en fonction des caractéristiques de chaque zone d’une parcelle.

Au Château La Garde, Cabernet Sauvignon et Petit-Verdot sont installés sur les parcelles de graves profondes des hauts de croupe. Le Merlot se plaît sur les graves fines sur sous-sol argileux ou argilo-calcaire. Les cépages blancs – Sauvignon et Sémillon – ont trouvé racine sur une exposition et des sols plus frais, présentant une importante teneur en argile.

 

Un couvert végétal pour favoriser le repos du sol

Après avoir porté de la vigne pendant plusieurs décennies, le sol a besoin de repos. Il faut laisser le temps à la dégradation des racines profondes, et la disparition d’éventuels insectes ou vers (nématodes) nuisibles, afin de pouvoir réintroduire les nouveaux plants en toute sécurité.

Pendant cette période d’un à deux ans, un couvert végétal est mis en place. Il se calcule selon des besoins spécifiques de chaque parcelle. Différentes espèces telles que graminées, légumineuses, crucifères permettent en fonction des besoins identifiés lors de l’analyse des sols : d’améliorer la structure, d’entretenir les niveaux d’alimentation des sols en minéraux et matière organique, de stimuler l’activité biologique, de protéger contre l’érosion et le ruissellement en améliorant la capacité d’infiltration d’eau.

 

La nouvelle parcelle du Château La Garde

Après plus de deux ans de repos, la nouvelle parcelle « Chartreuse » a été replantée dans les premiers jours d’avril, sous une météo idéale. Les jeunes plants de Merlot se plaisent parfaitement sur ce terroir de fines graves sur sous-sol argileux et montrent déjà leurs premières feuilles. Ils entreront en production dans trois ans, mais il leur faudra attendre quelques années encore avant d’acquérir la profondeur et la complexité d’un grand vin de Pessac-Léognan.

Une histoire à suivre au fil des saisons…