Hiver doux et pluvieux

 

Des précipitations très généreuses et des températures douces ont marqué le début de ce millésime. « L’hiver 2019/2020 a battu à la fois des records de précipitations et de douceur. Nous avons relevé entre 700 et 800 mm dans le sud-gironde du 16 octobre au 21 mars, ce qui représente près d’une année de pluviométrie – et des températures particulièrement élevées en journée, entre 12 et 20°, en février ! » déclare Frédéric Bonnaffous. « Vignerons et matériel ont souffert de la pluviométrie importante qui rend éprouvantes les interventions au vignoble, tant manuelles que mécaniques! »

L’enherbement raisonné et les semis temporaires, en fonction des besoins spécifiques de chaque parcelle, ont permis d’éviter ruissellement, érosion ou tassement des sols, tout en favorisant l’infiltration des eaux de pluie et la mise en réserve d’importantes ressources hydriques, indispensables au bon déroulement du cycle végétatif.

Printemps précoce

 

Stimulés par la douceur des températures, les premiers bourgeons sont apparus tôt sur les terroirs précoces comme sur les plus tardifs (6 mars à Le Boscq, 10 mars à Ricaud). Partout le débourrement marque deux à trois semaines d’avance et bat son plein autour du 20 mars.

Indifférente à la mise au ralenti du pays depuis le confinement du 17 mars, la vigne a profité de la remarquable douceur printanière pour se développer rapidement. Rapide sur les sols filtrants des châteaux La Garde ou Belgrave, plus lente sur les sols argileux des châteaux Reysson ou Pey la Tour, la croissance de la végétation s’est montrée active.

Une dizaine pluvieuse fin avril-début mai n’a pas entamé cette dynamique, la douceur s’est maintenue. La fleur, rapide, homogène, s’est déroulée partout dans d’excellentes conditions, profitant pleinement d’une belle fenêtre ensoleillée entre le 5 et le 20 mai.

Prophylaxie au vignoble sous une importante pression sanitaire

Pluie et douceur combinées ont induit une importante humidité ambiante qui a provoqué une importante pression du Mildiou.

Notre viticulture écoresponsable exigeante (tous nos vignobles sont certifiés Terra Vitis et HVE 3 depuis 2018) et des travaux précis, adaptés aux caractéristiques de chaque parcelle, ont permis de contrôler l’état sanitaire de nos vignes en limitant au maximum les traitements.

 

Frédéric Bonnaffous précise : « Nos équipes, rodées par l’expérience de plusieurs années à la météo erratique, ont œuvré sans relâche dans le vignoble dans ce respect du capital nature qui nous anime depuis des années. Qu’elles en soient remerciées, tout spécialement cette année où elles n’ont, une fois de plus, compté ni leur temps ni leurs efforts dans ce contexte stressant amplifié par le Covid-19. »

 

Calme revenu au seuil de l’été

 Les températures froides lors de la floraison de 2019 conduisant à une initiation florale limitée ont réduit le potentiel de récolte tant au niveau du nombre que de la taille des grappes de cette année. Heureusement, les bonnes conditions pendant la fleur ont occasionné peu de coulure, la vigne s’est ensuite développée normalement et rapidement.  Mi-juillet, grâce à une météo chaude et sèche depuis fin juin, la pression du Mildiou est retombée. Les grappes sont belles et saines. Les premières baies vérées sont apparues autour du 10 juillet sur sauvignon et merlot dans les zones les plus précoces. L’avance de 10 à 15 jours se maintient.

 

Il est bien trop tôt en cette fin juillet pour se risquer à des pronostics qualitatifs, mais si la belle météo estivale dont nous bénéficions ces jours-ci persiste jusqu’à fin août, nous pouvons nous attendre à des vendanges précoces, voire très précoces pour les blancs des châteaux Rahoul et La Garde dont les premières grappes pourraient bien être récoltés autour du 20 août.