La remarquable diversité de terroirs du domaine, et les soins méticuleux adaptés à chaque profil parcellaire, ont tempéré les effets de la météo contrastée et parfois excessive de ce millésime. Au premier semestre, les précipitations atteignent un niveau record. Associée à des températures douces, cette humidité a maintenu une pression sanitaire parfois préoccupante, heureusement fortement réduite dès le retour en été d’un temps sec et très ensoleillé. Avec un peu de retard, nous voyons apparaître mi-août les premiers signes de véraison, mais l’installation d’une forte contrainte hydrique – quasiment aucune précipitation en juillet et août – ralentit notablement le processus. Les pluies salutaires de mi-septembre réactivent de façon spectaculaire la maturation des rouges.

Nous avons pris notre temps pour vendanger chaque parcelle, attendant la maturité idéale des derniers merlots jusqu’au 14 octobre, celle des cabernets jusqu’au 25, une date rarement atteinte même sur notre secteur plutôt tardif. Dès les premiers lots récoltés une qualité remarquable s’exprime, à la fois par la superbe concentration des tanins et anthocyanes que par la complexité des arômes.

Retardée par l’arrivée tardive mais uniforme du Botrytis, la vendange des liquoreux s’effectue en deux tries les 20 octobre et 3 novembre. Les vins sont très élégants, harmonieux, sublimés par la pureté des arômes d’agrumes typique des sémillons de Ricaud.

2016 est un millésime à suivre de près au Château de Ricaud : une qualité admirable tant en rouges qu’en liquoreux, qui n’est pas sans rappeler les superbes 1990 !