La météo, parfois excessive cette année, nous aura plus que jamais tenus en haleine. Les premiers mois ont vu alterner inquiétudes et espoir : hiver le plus doux depuis 1900 et record de précipitations au premier semestre qui maintiennent une pression constante au vignoble ; une fenêtre clémente inespérée pour la fleur ; arrivée fin juin d’un très beau temps, durable, qui apporte un potentiel qualitatif indéniable ; été le plus sec depuis 25 ans qui entraîne une contrainte hydrique bénéfique mais laisse une partie du vignoble assoiffé – qui aurait pu croire en ce millésime avant les pluies salvatrices des 13 et 14 septembre ?

Grâce aux soins constants et au dévouement de nos équipes, et à une Nature finalement bienveillante, 2016, alliant qualité et quantité, restera dans nos mémoires comme un millésime historique !

UN PREMIER SEMESTRE DOUX ET PLUVIEUX

hiverLes premiers mois de l’année sont marqués sur l’ensemble du bordelais par une pluviométrie largement excédentaire, qui contribue à la reconstitution des réserves hydriques, très sollicitées jusqu’à fin octobre 2015.
Cette météo très humide s’accompagne de températures exceptionnellement douces, avec un écart de + 2.5°C en moyenne par rapport aux normales saisonnières. Sous ces conditions favorables, nous observons une belle sortie, homogène, sur l’ensemble de nos vignobles, avec une légère avance sur 2015 : 27 mars au Château La Garde, 28 mars au Château de Ricaud.

La végétation se développe ensuite rapidement dans une atmosphère humide et douce persistante qui ne tarde pas à générer une pression sanitaire notable. Notre travail des sols depuis les vendanges, avec des semis temporaires adaptés, démontre une fois de plus son efficacité cette année pour la régulation hydrique des sols. L’état sanitaire est bien maîtrisé, exigeant une extrême vigilance et une organisation méthodique des travaux viticoles avant la fleur. Malgré ces contraintes nos propriétés ont eu la chance de n’être affectées par aucun accident climatique significatif – grêle ou gel – ayant lourdement touché d’autres régions en France.

La fleur montre le bout de son nez début juin, bénéficiant d’une fenêtre météo sans précipitations et aux températures douces. Homogène, elle se déroule sans incident sur l’ensemble de nos vignobles, rive droite comme rive gauche.

UN ÉTÉ TRÈS ENSOLEILLÉ ET SEC

étéUn changement de temps drastique, et durable, intervient dès le 18 juin. Une longue période de beau temps s’installe jusqu’aux vendanges sur l’ensemble du bordelais, marquée par un réel déficit de pluie par rapport à la moyenne trentenaire. La nouaison, fin juin et juillet, bénéficie d’un temps très ensoleillé, de journées chaudes, sans excès, et de nuits bien fraîches. Ces amplitudes sont favorables à la synthèse des composés phénoliques : tanins et couleur.

Nous apercevons les premières baies vérées le 26 juillet au Château Grand Barrail Lamarzelle Figeac et le 31 juillet au Château Le Boscq.  Le déroulement de la véraison varie en fonction des réserves hydriques du sol. La vigne est très sollicitée au mois août, très ensoleillé, chaud et quasiment sans pluie. A l’exception d’un épisode caniculaire du 24 au 28 août, les amplitudes thermiques jour/nuit restent favorables, mais les maturations sont ralenties sous ces conditions de contraintes hydriques intenses.

Les grappes peinent à gagner en volume, nous craignons à ce stade quelques blocages de maturité si ce temps extrêmement sec persiste…Dans le vignoble, début septembre, tous scrutent le ciel, espérant un peu de pluie pour épauler la vigne…

SEPTEMBRE : UNE MÉTÉO ENFIN COMPLICE

automneSeptembre, modéré, a su tempérer la puissance d’un mois d’août extrêmement sec. Il devient notre allié avec les pluies des 13 et 14 septembre sur un vignoble qui en a bien besoin. Ces précipitations, d’importance variable suivant les zones (18 mm au Château Grand Barrail Lamarzelle Figeac, Saint-Emilion Grand Cru, et 38 à 45 mn en Médoc et dans les Graves), ont revigoré le vignoble à une étape si importante. Bien qu’orageuses, elles n’ont causé aucun dégât.

L’été indien s’installe, marqué par des ensoleillements importants et une baisse des températures moyennes, avec des nuits et matinées très fraîches. Ces conditions, qui maintiennent un excellent état sanitaire, ont été aussi favorables aux blancs secs qu’à l’évolution de la maturation des rouges.

DES VENDANGES SEREINES

vendangesNous avons vendangé « à la carte » dans chacune de nos propriétés, avec des arrêts de coupe fréquents. Un luxe rendu possible grâce à une météo complice. Restée clémente jusqu’à fin octobre, elle nous a permis de vendanger chaque cépage et chaque parcelle à parfaite maturité, dans d’excellentes conditions.Afin de préserver l’acidité naturelle des sauvignons et sémillons, et ne pas alourdir les vins, nous avons décidé de démarrer tôt : les premiers sauvignons ont été coupés le 6 septembre au Château La Garde, les derniers sémillons récoltés au Château de Ricaud le 27, une date normale sur ce terroir plus tardif. Fraîcheur et équilibre caractérisent ces blancs qui reflètent bien la typicité de leur terroir.
Si nous avons récolté quelques parcelles de merlots jeunes, précoces, dès fin septembre, la vendange a vraiment débuté entre le 3 et le 5 octobre sur la rive gauche alors que nous avons attendu le 10 octobre au Château Grand Barrail Lamarzelle Figeac à Saint-Emilion : du jamais vu au château ! Cabernets et petits verdots, superbes, ont pu s’affiner tranquillement et sûrement. Rien ne justifiait de se presser à les cueillir sous peine d’être sanctionnés par une trop grande dureté de leur trame tannique. Leur vendange s’est étalée du 12 au 25 octobre.

Dès les premières dégustations, les rouges livraient richesse tannique, concentration,  beaux équilibres. Merlots et cabernets vont pendant les prochains mois parfaire leur équilibre en barriques. Les assemblages dévoilent déjà toutes les qualités d’un grand millésime.