L’année a démarré avec une sortie précoce et homogène, et marquait près de deux semaines d’avance lorsque le gel a durement frappé les 27, 28 et 29 avril, stoppant net notre enthousiasme. Si les parcelles sur nos meilleurs terroirs n’ont heureusement pas été touchées, certaines ont complètement gelé, alors que sur d’autres seuls quelques ceps étaient détruits.

Dès lors, la vigne ne nous a laissé aucun répit : nous avons dû gérer les parcelles au cas par cas. La repousse des vignes gelées n’a produit que très peu de grappes secondaires, imposant d’importants travaux en vert : taille en vert si nécessaire, pour préparer la taille du millésime 2018 ; épamprages nombreux et minutieux, pour ne pas épuiser des ceps à la végétation aussi prolifique qu’anarchique ; pieds gelés marqués et non vendangés.

Les vignes non gelées ont, elles, pleinement profité des bonnes conditions estivales, conservant jusqu’aux vendanges leur avance du début. La contrainte hydrique précoce et marquée, accompagnée de juste ce qu’il faut de précipitations, a joué en faveur d’une bonne maturation et préservé l’état sanitaire.

Grâce à une sélection des baies particulièrement rigoureuse – grappes secondaires systématiquement éliminées à la vigne, tri manuel sur grappes entières à l’arrivée au chai, suivi d’un tri optique – à défaut de quantité, la qualité des vins s’avère plus que satisfaisante. Nous avons pu extraire de beaux tanins et une couleur riche et profonde. Les cabernets-sauvignons sont superbes, denses en bouche. Déjà dominants dans l’assemblage du Château Belgrave, ils marqueront sûrement ce millésime 2017 de leur caractère élégant et racé.

Photos : © Studio Twin